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10 mai : les descendants des victimes de l’esclavage crime contre l’humanité ont droit à la réparation – Culture et identité

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Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions

mardi 10 mai 2022, par Manuel Marchal


Le 10 mai commémore la date à laquelle la France, ancienne puissance coloniale, a reconnu l’esclavage en tant que crime contre l’humanité. Elle est devenue la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Tout crime demande réparation. Mais à ce jour, les seuls qui ont bénéficié d’une réparation sont les esclavagistes, indemnisés par la France pour la perte de capital que constituait la fin du droit pour un être humain de traiter un autre comme un esclave. Toujours rien pour les descendants des victimes, alors que les effets de l’esclavage continuent de se faire ressentir.


Le 10 mai a été décrété Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Cette date rappelle que la France a reconnu l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, c’est inscrit dans la loi. Cette reconnaissance par une ancienne puissance coloniale est essentielle. En effet, l’esclavage est une des explications de l’enrichissement de l’Occident au détriment des autres régions du monde.

L’esclavage est aboli depuis 1848 à La Réunion. Il a marqué plus de la moitié de l’histoire de La Réunion. Pressure est de constater que ses effets continuent de se faire ressentir. Les descendants des victimes du crime contre l’humanité sont toujours largement en bas de l’échelle sociale.

Les esclavagistes indemnisés, pas les victimes !

En 1848, l’État a décidé d’accorder une réparation, mais elle ne concernait pas les victimes du crime. Les bénéficiaires étaient les esclavagistes qui ont reçu une indemnisation suite à l’abolition pour compenser ce qui était alors considéré comme une perte de capital : désormais il fallait verser un salaire et ne plus astreindre la moitié de la inhabitants réunionnaise à un régime de travaux forcés.

Les victimes de ce crime n’ont pas été indemnisées. Elles ont au contraire été la cible de l’exclusion. Les anciens esclavagistes firent venir massivement d’Inde des dizaines de milliers de travailleurs pour remplacer ceux qui venaient d’être libres dans les plantations de canne. Les situations étaient réunies pour maintenir les anciens esclaves dans la pauvreté, ce qui fut un moyen pour les esclavagistes d’obtenir leur revanche. De cette période, il reste d’importantes séquelles à La Réunion.

Fonds de développement : une réparation de l’esclavage

Dans ces situations, l’État ne peut échapper à sa responsabilité de réparer. C’est pourquoi il doit massivement investir à La Réunion dans la lutte contre la pauvreté, un phénomène qui touche en grande partie les descendants des esclaves. A cela s’ajoute la nécessité d’accompagner le développement de La Réunion.

La différence de PIB par habitant entre La Réunion et la France est de 12000 euros par an, au détriment des Réunionnais. Multiplier cette valeur par le nombre d’habitants à La Réunion aboutit au nombre de 10 milliards. Un Fonds de développement abondé par la France d’un montant de 10 milliards d’euros, géré par les Réunionnais en fonction de leurs priorités, apparaît donc comme un moyen légitime pour ce pays de réparer le crime qu’il a fait subir à La Réunion pendant 200 ans.

Ainsi, la France montrerait l’exemple aux autres pays qui se sont enrichis grâce à un crime contre l’humanité : il est attainable de réparer l’esclavage.

M.M.


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